Pocket Film

ATELIER DE RÉALISATION DE FILMS DE POCHE

«Pocket films» fut d’abord un festival de cinéma fondé par Benoît Labourdette avec le Forum des images (Paris 2005-2010), consacré à la création de films avec téléphones portables. Ce terme devenu commun est l’appellation d’un festival et une marque déposée.

L’usage du téléphone portable et des outils nomades comme outils de fabrication et de diffusion des images est massif et d’utilisation assez aisée. Souvent, les élèves ont déjà tourné de petites vidéos avec leurs téléphones mais n’ont pas envisagé de les placer dans un contexte. Ici il s’agit d’un format court.

Il paraît nécessaire que dans le champ des pratiques cinématographiques ces outils nomades soient interrogés afin de permettre aux élèves l’appréhension d’un langage, d’une grammaire ou de nouvelles responsabilités sont engagées; droit à l’image, liberté d’expression, responsabilités pénales…

La notion de pratique est centrale dans cet atelier ou l’outil utilisé permet une multiplicité d’expérimentations. En effet, la tablette tactile centralise tout ce qui est nécessaire pour réaliser des plans, fabriquer des images à retoucher, faire un montage, et diffuser. Il est ainsi possible de filmer des plans, les monter et revenir sur le tournage de certaines scènes. Ce va et vient permanent permet de placer la pratique au coeur du dispositif, sans négliger la préparation en amont qui s’avère indispensable et qui peut être réalisée sous forme de scénarimage.

Sources;

Benoît LABOURDETTE ,«tournez un film avec votre téléphone portable»

festival Pocket films

«téléphone mobile et création» Armand Colin

Passons à la pratique…

interrogeons les genres…

Les films de poche sont par nature courts. A tour de rôle, les 3 groupes aborderont différents genres cinématographiques.

Les groupes choisissent les thèmes et genres abordés (l’objectif étant, à la fin de l’année, d’avoir une pluralité des principaux genres à proposer).

Chaque groupe élabore d’abord un scénarimage.

ATELIER 1

Le premier groupe fait le choix d’aborder le film de sensibilisation à travers le témoignage;

« si vous savez, aidez! » lutte contre le harcèlement au collège (sensibilisation, documentaire)

et l’hommage;

« la voile inaccessible ?» (sculpture de Jean Paul Van Lith, 1% artistique du collège)

hommage croisé; les frères Lumière et Georges Méliès (burlesque, trucage)

réappropriation des acquis des années précédentes (étude et analyse de « l’arroseur arrosé », Louis Lumière, 1895, film muet en noir et blanc et « le voyage dans la lue », Georges Méliès, 1902, film muet restauré en 2010.

Les élèves ont fait le choix d’utiliser des filtres et de travailler sur le rythme afin de se rapprocher du rendu des débuts du cinéma.

ATELIER 2

TITANIC (parodie) en utilisant le suedage (films suédés, Michel Gondry)

Apparition et définition du film suédé

Le verbe « Suéder » est apparu pour la première fois dans « Be Kind Rewind » (2008) réalisé par Michel Gondry. Dans ce film, Mike et Jerry tentent par tous les moyens de sauver un vidéoclub menacé de faillite. Après avoir effacés accidentellement les VHS du magasin les deux héros du film décident de réaliser eux-mêmes les remakes des films pour satisfaire les demandes des clients les plus fidèles. Contre toute attente leurs versions suédées de Ghostbusters, Robocop ou Rush Hour 2 vont connaitre un succès important dans la petite ville de Passaic dans le New Jersey. Devenus de véritables vedettes locales, Mike et Jerry font face à une demande de plus en plus importante du public reclamant toujours plus de films suédés.

L’histoire du film Be Kind Rewind nous permet donc de dessiner les contours d’une definition du verbe « suéder » qui désignerait une manière atypique de tourner, avec les moyens du bord, un remake de film.
Le terme suéder est basé sur le neologisme anglais to swede, dérivé de Sweden (la Suède), censé désigner de manière humoristique des productions non techniquement maitrisées comparées à celles des studios américains.

L’histoire du film Be Kind Rewind nous permet donc de dessiner les contours d’une definition du verbe « suéder » qui désignerait une manière atypique de tourner, avec les moyens du bord, un remake de film.

Les leçons de Be Kind Rewind

« Suéder un film, c’est le retourner avec tout ce que l’on peut avoir sous la main. »

Dans l’oeuvre de Michel Gondry la notion de bricolage est importante. Ses clips ou ses films sont bourrés d’effets spéciaux home-made ou d’animations réalisées avec quelques bouts de cartons. Dans Be Kind Rewind,il n’est donc pas étonnant de voir les deux héros tourner leurs films suédés avec une caméra amateur old school (format VHS). Les éléments de décor et les costumes sont créés par des non professionnels (les amis) à partir d’éléments de récupération. Les costumes de Ghostbuster ou Robocop en sont de bons exemples.

La réappropriation d’un film premier
Il faut voir le suédage comme un processus de création originale et pas seulement comme un exercice de remake. Cependant, il s’agit d’une création originale particulière puisqu’elle ne prend son sens que face à un film premier. Pour Michaël Bourgatte « la pratique du suédage témoigne d’une forme de reception cinématographique personnalisée, spécifique au réalisateur, qui conduit ce dernier à produire un nouvel objet qui cite mais qui n’imite pas, en ce sens qu’il n’essaie pas de reproduire aussi fidèlement que possible le contenu du film premier » (Le suédage comme modalité de mise en circulation du cinéma). Tout l’intérêt réside dans le décalage entre le film premier et la création suédée. Un décalage souvent drôle lorsque l’univers du film premier est bien restitué avec des moyens ridicules comparés à ceux utilisés lors d’une production cinématographique plus classique. L’humour est donc une des bases du suèdage.

Sources; cinemacity.arte.tv